La critique

Tout premier film de Wally Pfister, « Transcendance » constitue l'un des échecs de l'année 2014 tant au point de vue critique qu'économique. Voyons ce qu'il en est réellement du premier film du directeur de photographie attitré de Christopher Nolan.

Vous n'avez pas compris le synopsis du dessus ? Cela vous a paru trop compliqué. Ne vous inquiéter pas, « Transcendance » est loin d'être un film casse-tête comme peut l'être « Inception » par exemple, mais plutôt un blockbuster à l'histoire peu ambitieuse et beaucoup trop déjà vue.

Transcendance
Transcendance

C'est donc un scénario assez bas de gamme que l'on nous présente là, avec notamment une histoire vraiment peu affriolante. Sur un fond de débat sur l'intelligence artificielle, Wally Pfister nous présente des personnages assez inintéressants et caricaturaux. Tout cela ne respire pas l'originalité et cela se ressent beaucoup. On suit agréablement le film sans jamais garder une scène meilleure que les autres ou un instant plus marquant. Tout est linéaire et plat comme le scénario mais voyons cela plus en détails.

Dans « Transcendance », on nous donne le thème de l'intelligence artificielle, sujet qui peut être intéressant s'il est bien traité. On nous met un casting qui semble être de bonne facture avec Johnny Depp en tête d'affiche. A cela on colle une bande originale pas trop mal et de bons effets spéciaux et hop on obtient un des bons films de l'année 2014. Et bien non, il n'en est rien. Alors que le mélange aurait demandé à être savoureux, il est finalement buvable comme de l'alcool pure. Une gorgée mais pas deux.

C'est donc avec regret que je vous annonce que « Transcendance » est loin de cette utopie. Son scénario est déjà un très gros point faible. L'histoire est quasiment déjà vu, beaucoup trop prévisible et sans aucun piment. Elle ne prend clairement pas la bonne direction. Alors qu'une réflexion sur l'IA aurait pu être intéressante et pas mal dans l'ère du temps, Pfister décide de nous montrer la prise de contrôle d'une IA sans jamais expliquer les fondamentaux et en ayant beaucoup de mal à se débarrasser d'un certain manichéisme pesant sur le film. D'un côté les méchants de l'autre les gentils, et ensuite on inverse les rôles. Finalement on pourrait presque dire que ce n'est pas plus intelligent que « Transformers », film dans lequel les gentils robots font la guerre aux méchants robots. Pour être sérieux cela manque beaucoup de réalisme et un brin d'anticipation aurait été bienvenue dans cette histoire de tyrannie numérique.

Pour ce qui est des personnages tous assez caricaturaux, ils sont joués par des acteurs de renom comme je le disais. Seulement je crois que le casting ne s'est pas trop senti concerné, en particulier les têtes d'affiches. Johnny Depp paraît totalement perdu, comme s'il venait de voir son Black Pearl coulé ; Rebecca Hall est très difficilement convaincante et très peu intéressante ; Morgan Freeman est transparent, ce qui résume un peu les dernières années de sa carrière(« Lucy », « Insaisissables » ou encore « Oblivion »). L'acteur qui a été correct dans son rôle c'est Paul Bettany . Une bonne performance à mettre en contraste avec pas mal d'interprétations ratées.