La critique

Après être passé par le Social Network Facebook et le best-seller suédois Millénium, le virtuose de la caméra David Fincher adapte une nouvelle fois un roman au cinéma. Celui-ci, intitulé « Les Apparences » et rédigé par Gillian Flynn, nous raconte donc l'histoire citée plus haut, celle de Nick Dunne.

C'est donc cet homme que l'on va suivre durant une première moitié intrigante et poignante où l'on a du mal nous spectateur, à nous fier au personnage. Coupable ou innocent, Nick Dunne n'en reste pas moins bizarre, naïf, presque bête mais surtout perdu et sans solution.

Gone Girl
Gone Girl

David Fincher nous laisse ainsi un temps pour s'accaparer le rôle de Ben Affleck, et prendre parti pour finalement se tromper ou bien l'inverse. C'est lorsque la vérité sur la disparition d'Amy nous apparaît comme un coup de poing reçu en pleine figure que tout s'éclaire finalement et que le doute n'est alors plus permis. Le mystère est déjà levé alors que la moitié du film vient tout juste d'être passée mais pourtant le reste du long-métrage très différent sans aucun doute, ne nous désintéresse pas. Un plan machiavélique jusque-là parfait commence à avoir quelques fissures et c'est donc dans un élan d'improvisation que l'on nous amène vers une fin très difficile à avaler et apparemment très différente de celle du livre(que jen'ai pas lu personnellement). Un final pas très réussi à mon avis et qui laisse un goût amer lorsqu'on le compare au reste du film passionnant. C'est donc avec un léger regret que l'on quitte la salle pour dire adieu à cette ambiance particulière que Fincher maîtrise si bien.

Car si le scénario, comprenant des dialogues très travaillés et agréables ainsi qu'une histoire passionnante, est excellent, il n'est pas le seul fruit de cette réussite globale. La mise en scène particulièrement noire de David Fincher y est aussi pour quelque chose. Des plans propres et très beaux, une photographie très réussie et une bande sonore totalement sidérante nous introduisent dans une ambiance malsaine comme le réalisateur les aime (« Seven », « Millénium : Les Hommes qui n'aimaient pas les Femmes » ou encore « Zodiac »). Les couleurs sont idéales et le fait que le film soit tourné en 6K permet des rendus superbes notamment dans les noirs. On pourra notamment retenir une scène avec un jeu de champs contrechamps d'une intelligence remarquable. Fincher est sans aucun doute un très grand metteur en scène, il n'a plus besoin de le prouver.