La critique

Premier pas en tant que réalisateur pour Dan Gilroy ; connu pour avoir été scénariste du dernier Jason Bourne en date, et pour être le frère de Tony Gilroy ; avec « Night Call », un thriller à suspense mettant en scène le très connu et très bon Jake Gyllenhaal.

C'est avec une énorme envie que l'on se rend donc au cinéma pour découvrir le premier né du réalisateur américain. Les bandes-annonces laissaient entreprendre un film au scénario original et un acteur au top. Voyons si « Night Call » est un des films à retenir de 2014.

Night Call
Night Call

Comme le laissait présager les trailers et autres promotions du film, l'histoire de « Night Call » est peu commune dans le cinéma. Notre personnage principal est un chasseur d'images, amateur dans la profession mais tellement persévérant et borderline que son travail va peu à peu finir par payer. Alors que Lou Bloom est au chômage au départ du film, il commence à devenir un homme à part entière dans le monde médiatique caché. Le monde de ceux qui filment et qui vendent leurs images aux journaux télévisés.

C'est avec un enthousiasme et une pêche saisissante que Lou Bloom nous entraîne dans le Los Angeles d'aujourd'hui. Une ville si magnifique la nuit mais si meurtrière et sans pitié, où affluent accidents, meurtres, crimes, mais qui est aussi le terrain de jeu de notre personnage énigmatique. Un personnage autour duquel tourne toute l'histoire du film. Un personnage qui évolue énormément au fil du temps même si on détecte très vite chez lui quelques signes qui nous permettent de l'apprivoiser dès le début du film. Lou Bloom est très bizarre, dérangé mais surtout très ambitieux. Une ambition qui le poussera à franchir certaines limites pour obtenir la prise de vue parfaite, l'angle idéal, pour ses plans vidéos revendus des fortunes.

Lou Bloom marque beaucoup le spectateur c'est indéniable, sa façon de marcher, de sourire, de parler, son air louche, tout le personnage est absolument imprévisible et c'est ce qui en fait une des forces du film. Un maniaque de la caméra que Jake Gyllenhaal a retransmis à l'écran de façon phénoménale. L'acteur habite véritablement le rôle dans ses moindres recoins en ayant perdu notamment une dizaine de kilos pour interpréter ce chasseur. Le résultat, un Jake Gyllenhaal qui paraît très fatigué, d'une solitude profonde mais aussi aux attitudes ambiguës qui rendent le personnage très difficile à cerner.

Plus que son personnage trouble, « Night Call » impressionne surtout pas le message qu'il désire porter. « Les médias manipulent les populations ».Vous me direz ça ne date pas d'aujourd'hui et je vous l'accorde. Mais ici, Dan Gilroy nous montre l'envers du décor. Comment un plateau télé se met en place, ce que doivent dire les présentateurs. Où les journaux télévisés vont chercher leurs informations, mais surtout comment tourner un simple meurtre en une attaque d'une population contre une autre. La situation présentée dans « Night Call » est plus que réaliste. Il existe des traqueurs d'images la nuit, cela ne fait aucun doute. Leurs méthodes ne sont peut-être pas les mêmes que celles de Lou Bloom (on l'espère) mais le cap à franchir pour qu'elle le soit n'est pas énorme, et cela fait très peur. Le film nous présente une grosse satire des médias et leur influence dans les guerres à petite échelle comme à grande échelle. Une satire justifiée pour des faits bien réels.