La critique

Troisième et dernier épisode de la lucrative franchise de Peter Jackson, « Le Hobbit : La Bataille des cinq armées » arrive à point nommé pour conclure cette trilogie sur les aventures de Bilbo le Hobbit.

C'est notre deuxième adieu à la terre du milieu en ce début 2015. Après une première trilogie logiquement récompensée par plusieurs oscars, Peter Jackson clos celle du Hobbit avec un épisode final long de 2h30 où tout va beaucoup trop vite.

Le Hobbit: La Bataille des cinq armées
Le Hobbit: La Bataille des cinq armées

Nouvel adieu à la terre du milieu

Suite directe à l'histoire de « La Désolation de Smaug », « La Bataille des cinq armées » nous introduit dans le dénouement de la saga. L'instant où tout est révélé, le moment où des personnages succomberont et où nous spectateur, serons pris d'émotions après une sanglante bataille lors de la cérémonie d'adieux à Cul-de-sac. Il n'en est malheureusement rien puisque Peter Jackson a fait en sorte de divertir son public en filmant une dure et longue guerre entre les cinq armées de la terre du milieu, qui malheureusement dissout tout l'aspect dramatique et émotionnel que nous pouvions attendre devant le dernier-né de l'univers du romancier Tolkien.

Ce dernier épisode du Hobbit nous introduit dans un conflit énorme entre les différents peuples de la terre du milieu, mais finalement, il oublie presque de nous expliquer pourquoi. Cet épisode manque en effet de narration qui aurait permis une meilleure compréhension mais aussi de rendre l'épisode plus riche qu'il ne l'est. Car même s'il a un aspect visuel irréprochable et nous présente une guerre épique, ce troisième épisode déçoit de par son scénario et ses personnages pas toujours très profonds. C'est ainsi que l'on se retrouve avec une toujours très belle romance entre Tauriel et Kili, mais vraiment bourrée de clichés notamment sur la toute fin. Bien sur c'était déjà le cas dans les épisodes précédents, mais la tendance s'est beaucoup accentuée. D'autres personnages ont beaucoup perdu de la leur aura dans cette trilogie. C'est le cas de Legolas, un personnage très important de l'univers de Tolkien, qui est beaucoup trop sous traité, au point qu'il paraît presque réduit à se battre et à contredire son père chef des elfes. Un père qui lui aussi n'est pas du tout travaillé. Cependant la palme du personnage raté restera Azog, cet ennemi sans intérêt, entièrement confectionné en images de synthèse, et qui est incapable de la moindre expression. On ne pourra pas préférer cette pauvre 3D comparée aux maquillages que pouvaient avoir les orques du « Seigneur des Anneaux ». Je pense notamment à l'assassin de Boromir.

Au contraire de ceux cités précédemment, d'autres personnages ont eu leur moment de gloire et ont un véritable intérêt dans le récit. Je pense notamment à Thorin et à sa soif d'or et de pouvoir. Son changement et sa prise de conscience de sa propre folie sont des aspects intéressants du personnage qui a malheureusement encore du mal à nous émouvoir. Et que dire du fameux Bilbo, personnage chétif mais courageux dans une bataille sanguinaire. On ressent beaucoup de compassion pour lui. Lui qui est un personnage très en retrait de la bataille et du dénouement final alors que son nom fait partie intégrante du titre du film.

Un casting clinquant et des effets spéciaux au top

Ceci dit, même si l'adaptation de l'histoire de Tolkien est un peu maladroite, on a plaisir à regarder ce dernier épisode. Peut-être parce que justement c'est le dernier. Ou peut-être parce que c'est le plus épique des trois. Il faut dire que Jackson a fait les choses en grand avec quarante-cinq minutes de combats acharnés. On n'assiste pas à la bataille du gouffre de Helm mais cette bataille des cinq armées n'a pas à rougir. La façon de filmer de Peter Jackson est absolument incroyable. C'est immersif, c'est intelligent, c'est beau et c'est fluide. Une brillante mise en scène avec des plans tous plus somptueux les uns que les autres. Une mise en scène de la bataille qui privilégie l'utilisation de la 3D qui rend les combats immersifs mais qui d'un autre côté leur fait perdre un peu de leurs réalismes. Un réalisme qui était bien présent dans les batailles de la première trilogie. Dans ce dernier épisode du Hobbit, Jackson nous montre la bataille souvent de très loin. On n'est pas beaucoup sur le champ de bataille comme on pouvait l'être pour le combat final du « Seigneur des Anneaux ». On perd donc cette proximité avec les protagonistes et un réalisme au profit d'une guerre épique, gargantuesque et grandiose. Nul doute que le travail réalisé en post-production s'approche fortement de la réalité physique, seulement entre « paraître » et « être » il y a pour moi une sacrée différence.