La critique

C'est le belge Mickael R.Roskam qui après « Bullhead » et ses critiques élogieuses, adapte le roman du célèbre Dennis Lehane à qui l'on doit notamment « Shutter Island » ou encore « Gone baby Gone », « The Drop ». Un titre traduit en français par « Quand vient la Nuit ».

« Quand vient la Nuit » nous plonge dans un quartier de Brooklyn où réside Bob, personnage solitaire, gentil, pas très causant mais pour qui on est pris directement d'affection. C'est ce même Bob que l'on peut comparer au film dans lequel il apparaît et dont je fais la critique en ce moment même. Calme, paisible, bouillonnant et se révélant seulement à la fin, lors d'un climax inattendu mais terriblement efficace et bienvenu.

Quand vient la Nuit
Quand vient la Nuit

Des personnages approfondies

Si le scénario du film de Roskam, écrit d'ailleurs par Lehane lui-même, est très bon dans l'ensemble, il est vrai qu'il est néanmoins un peu inégal dans son ensemble. Toute la première partie est assez lente, monotone, certes pas ennuyante mais tout de même peu affriolante. On nous présente des personnages contradictoires et dramatiques, et on laisse l'action de côté. Roskam nous donne le temps de s'attacher à ses protagonistes, plus particulièrement à Bob pour ensuite mieux nous piéger dans sa seconde partie diabolique. Un second acte marqué par plus d'action, plus de tension avec l'arrivée du personnage joué par Matthias Schoenaerts notamment. Une peur grandissante jusqu'au dénouement final surprenant que l'on contemple avec du plaisir mais aussi de l'horreur.

Cette histoire aux dialogues travaillés et aux rôles bien incarnés est pleine d'humanité. Les personnages sont bourrés de problèmes, ce qui les rend toujours plus intéressants. Ils sont de plus portés par une panoplie d'acteurs et actrices excellents. La palme pour Tom Hardy dans le rôle de Bob. L'acteur est attendrissant dans un rôle qui lui va comme un gant. Une année encore bonne pour celui dont on commence à beaucoup parler à Hollywood. Une autre étoile montante se montre aussi à son avantage, c'est Matthias Schoenaerts. Après avoir incarné le boxeur de « Bullhead », l'acteur revient pour interpréter le dangereux et l'imprévisible Eric. Ensuite, dans le rôle de la déboussolée Nadia, on retrouve une Noomi Rapace très convaincante et véritablement touchante. Enfin le regretté Jales Gandolfini interprète le cousin Marv dans l'un des derniers rôles de sa riche carrière.