La critique

Spécialiste des films de super-héros avec son excellent « X-Men le Commencement » et son magistral « Kick-Ass », Matthew Vaughn continue son odyssée de délire et de fun avec son nouvel objet de plaisir « Kingsman: Services Secrets ». A en juger les critiques de presse et des spectateurs, « Kingsman » apparaissait clairement comme un film sans limites comme pouvait l'être Kick-Ass. Confirmation ici.

Adapté de la bande dessinée réalisée par Matthew Vaughn lui-même, Dave Gibbons(Watchmen) et Mark Millar(Kick-Ass), « Kingsman: Services Secrets » met en scène Eggsy, un adolescent à la vie de famille difficile qui se voit offrir un poste d'agent secret au sein de Kingsman.

Kingsman: Services Secrets
Kingsman: Services Secrets

Des allures de super-héros

Avec une histoire aux allures de James Bond, le film de Vaughn nous embarque dans un voyage initiatique à la fois drôle et plus ou moins sérieux. Comme pour « Kick-Ass », Kingsman s'arrête longtemps sur l'initiation de son personnage principal. Ainsi l'initiation de Dave Lizewski au superhéroïsme dans « Kick-Ass » est un aspect qui revient longuement dans le dernier film de Vaughn mettant en scène l'initiation d'Eggsy à l'espionnage. Cette seule comparaison entre les deux films rapproche ce dernier de l'exploit qu'avait créé Vaughn avec son déjanté « Kick-Ass ». « Kingsman » reprend la recette de la réussite avec des thèmes similaires tels que le dépassement de soi, la vengeance et un côté violent de nouveau très très marqué. Un aspect que Vaughn avait dû quitter avec « X-Men le Commencement »(pour rester dans la logique de la saga qui avait fait le choix de ne jamais montrer de sang). Le réalisateur revient donc aux sources pour notre plus grand plaisir personnel.

Plus qu'un réalisateur, Matthew Vaughn supervise aussi le scénario de sa nouvelle pépite. Un script d'une très grande qualité et hyper rafraichissant dans un Hollywood des blockbusters souvent formatés. Vaughn nous surprend et rend son film imprévisible de bout en bout. Alors que la bande-annonce faisait très peur car on pouvait craindre qu'elle en dise trop, cela n'a pas du tout été le cas. Celle-ci nous montre seulement des scènes de la première demi-heure du film. Une première demi-heure qui a d'ailleurs un peu plus de mal que le reste. Heureusement la suite nous transporte dans le monde fantastique du talentueux réalisateur, et nous laisse sur une fin des plus mémorables. Le film de Vaughn est terriblement imprévisible(scénaristiquement et visuellement), rythmé comme un « Snatch », survitaminé, fun, très drôle, hyper violent, british et très original. Il est difficile d'exprimer le plaisir que l'on peut avoir devant une telle oeuvre.

Têtes explosives, catholiques en panique et princesse en manque

Outre un scénario intelligent et des punchlines réussies, « Kingsman: Services Secrets » se démarque grâce à une superbe mise en scène. Au-delà des différents angles de caméra choisit, Vaughn réutilise ses propres codes visuels qui font sa particularité. L'utilisation de ralentis bien dosés et des points de vue à la première personne à la manière de « Kick-Ass » ne sont pas sans rappeler le but principal de son film : divertir. Vaughn place son film à la frontière entre le jeu vidéo, le film d'action et la bande dessinée. Vaughn rend son film ludique et parfois mémorable. C'est ainsi que comme pour la scène du trombinoscope dans « Kick-Ass », on retiendra la longue boucherie sanglante de l'Eglise dans « Kingsman ». Mais pas seulement. L'humour british présent dans les répliques et le personnage de Richmond Valentine(le bad-guys qui déteste la vue du sang) apportent encore énormément au film. Le final est à la fois grave mais surtout terriblement drôle. L'utilisation astucieuse de la musique (Le morceau « Give it up » de K.C en fond de bagarre rend les scènes terriblement humoristiques) et le feu d'artifice de têtes qui explosent sont absolument géniaux. Vaughn pousse loin son imagination et ose tous les délires possibles dans un final incontrôlable.