La critique

Troisième film pour Paul Feig après « Mes Meilleures Amies » et plus récemment « Les Flingueuses ». Un troisième long-métrage qui de nouveau met en scène des femmes, et cette fois-ci des femmes espions. Voyons si cette nouvelle comédie sauce américaine parvient à atteindre ses objectifs.

« Spy » se concentre sur la profession d'espion exercé par Susan Cooper. Les premières scènes en témoignent d'ailleurs puisque nous sommes directement introduits dans une mission à haut risque. Mais contrairement aux films de la saga James Bond, « Spy » ne se veut jamais sérieux et décide de franchir toutes les barrières même si pour cela il faut devenir ridicule.

Spy
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Beaucoup de déjà vu

Ainsi le scénario du film est un long déjà-vu sans aucun suspense. Des méchants trafiquants d'armes, de gentils espions un peu bêtes à la manière de « Target » de Mcg, de l'infiltration, des scènes d'action et puis un happy-end évidemment. Si certains citeront la femme espion comme une des originalités du film, cela reste très maigre. « Spy » suit un schéma très linéaire qui ne surprendra malheureusement jamais malgré quelques rebondissements bien essayés mais beaucoup trop prévisibles pour un œil avisé. L'histoire n'est donc qu'un prétexte pour proposer un divertissement grand public qui tâche d'être drôle et jouissif. Il tâche seulement. Car même si son humour potache fonctionne assez bien, son côté jouissif n'est pas au rendez-vous. C'est ce qui fait la différence entre le récent « Kingsman : Services Secrets » de Matthew Vaughn et les autres comme « Spy ». Du plaisir mais peu intense, et très peu d'originalité.

Dans « Spy » les scènes d'action sont plutôt bien chorégraphiées mais sans aucune nouveauté à la clé, que ce soit au niveau des mouvements de caméra ou des acteurs. L'utilisation de ralentis est outrancière et accentue le côté WTF de la mise en scène. On se croirait dans les scènes de combat de Zack Znyder mais en mille fois moins bien. Du coup on se sent un peu déçus quand on a déjà vu ce genre de scène d'action et un peu de nouveauté aurait été bienvenue. Le film de Paul Feig se rattrape néanmoins grâce à un humour poussé à son paroxysme. Pendant les quinze premières minutes, les punchlines affluent et ciblent particulièrement l'aspect physique d'une Susan Cooper devenu la risée de la CIA. A ce moment l'humour est un peu facile, de mauvais goût et très très machiste. Tout y passe, le sexe, la scatophilie, les flatulences, etc.. Heureusement plus le film avance et plus il s'exacerbe en devenant plus clément avec son personnage principal. Paul Feig fait retomber un peu le machisme pour donner une place importante à la femme. Dès lors le comique de situation prend le dessus et c'est pour notre plus grand plaisir.