La critique

Quatrième épisode de la fameuse saga débuté en 1993 par Steven Spielberg, « Jurassic World » reprend plusieurs codes de l'illustre premier épisode. Doit-on le laisser au rang d'hommage du premier opus ou bien est-ce-que le film de Colin Trevorrow parvient à se hisser au niveau du film de Spielberg ? Je vous parle tout de suite de mes impressions.

Vulgaire copié/collé de l'histoire qui avait fait connaître « Jurassic Park », le scénario de « Jurassic World » est le point sensible du film de Trevorrow. Bourré de clichés, d'incohérences, de WTF, de romance et surtout de surenchère, l'histoire de « Jurassic World » ne parvient jamais à nous convaincre. Et pourtant, tout commençait plutôt bien...

Jurassic World
Jurassic World

Un massacre scénaristique engendré par une femelle enragée

Oui car si Trevorrow nous fait découvrir la petite famille aventurière prête pour le parc(les deux frères), il nous immerge surtout très vite dans ce qui est le gros point fort du film : le parc et ses attractions. Une grosse demi-heure de découverte qui nous laisse bouche bée et qui nous fait vite retomber dans nos souvenirs du premier film de la saga. De nouvelles attractions ont été créé et c'est pour notre plus grand plaisir de spectateur. Ainsi on peut assister à un spectacle aquatique assuré par un dinosaure sous-marin bouffeur de requin, ou encore chevauché de petits tricératops. Cette première partie de film, ces découvertes, nous font rêver et entrevoir un jour d'assister à de telles attractions dans un vrai parc. Mais alors que notre enchantement se veut grandissant, l'Indominus Rex s'échappe et vient gâcher une bonne partie de la fête dans un second acte qui amène tous les clichés et toutes les incohérences scénaristiques dont je vous parlais tout à l'heure.

Pour ne pas vous gâcher le plaisir de découvrir le film dans son ensemble, je ne citerais pas à proprement parler les scènes ratées(ou non) de cette deuxième partie. Une seconde partie dans laquelle prédomine la chasse au dinosaure géant. Une seconde partie prévisible débouchant sur un happy-end très frustrant et couplé d'une histoire d'amour des plus bidons qui soit. Le film ne soumet aucune réflexion sur la captivité des dinosaures et leur existence de bêtes de foires. On a surtout l'impression qu'Universal a voulu rendre hommage à son film (sa gloire d'antan) en y faisant énormément référence, notamment à la toute fin. Une fin non sans rappeler celle du « Godzilla » de Gareth Edwards, facile et incongru.

De cette débâcle scénaristique, il se dégage pourtant quelques scènes remarquables. La balade en sphère blindée parmi les herbivores ou encore la chevauchée de la moto aux côtés des raptors, scène montrée de façon outrancière dans les bandes-annonces. Mais toutes ces scènes réussies ne servent qu'un tout qui peut s'accaparer à un massacre scénaristique. « Jurassic World » se tire une balle dans le pied tout en gardant ses talons aiguilles pour fuir ses dinosaures et forme un blockbuster dénué de cervelles et d'émotions. Ce ne sont d'ailleurs pas les personnages qui vont arranger les choses et ce malgré un casting d'acteurs confirmés.

Cendrillon et ses pantoufles

Chris Pratt pour commencer, dans le rôle d'Owen Grady, la cool attitude incarnée. Même si l'acteur fait de son mieux, l'attachement au personnage est difficile. Tel Indiana Jones, Grady est un aventurier qui recherche l'adrénaline tout en portant un discours de moralisateur. Les deux mélangés nous donne droit à un personnage très creux, présent pour faire rire la galerie, embrasser la fille et tirer au fusil. Le fusil, Bryce Dallas Howard alias Claire Dearing, apprend très vite à le manier pour shooter du dino. L'actrice nous offre une prestation plutôt satisfaisante et des poursuites effrénées en petits talons. Respect. Omar Sy et son petit rôle de dresseur sont plus là pour amuser la galerie qu'autre chose. L'acteur qui parle en français et en anglais est bon même si c'est difficile de juger, son personnage est quand même très secondaire. Pour ce qui est des deux jeunes qui visitent le parc, là encore les personnages manquent terriblement de profondeur. On n'apprend rien ou quasiment rien sur eux à part que l'un est un dragueur et l'autre un pleurnichard. C'est maigre.