La critique

Avant de revenir sur le film et par respect pour ceux qui sont arrivés jusqu'ici sans avoir vu ce dernier opus, je préviens de suite qu'il y aura du spoil dans la critique qui va suivre. J'avais envie de parler du film en profondeur et c'est difficile de le faire sans révéler des parties clés de l'intrigue. Si vous voulez vraiment un court résumé de mon avis sans les spoils, allez directement à la conclusion située en bas. ATTENTION SPOILERS!!!

C'est le film le plus attendu de l'année. Dans une galaxie lointaine très lointaine, Star Wars nous réouvre ses portes avec aux commandes un fan absolu de la saga, le réalisateur J.J Abrams. En cette fin d'année 2015, Disney décide de relancer la saga qui n'était plus apparue sur nos écrans depuis dix ans avec trois nouveaux épisodes qui étendront notre plaisir jusqu'en 2019 et feront suite aux épisodes IV, V et VI. « Le Réveil de la Force » est donc l'opus qui a la lourde tâche de lier nouveauté et recyclage, et de plaire aux admirateurs de l'univers créé par George Lucas comme aux jeunes fans en devenir. En tant qu'adorateur de la saga mais pas encore radicalisé, j'attendais cet épisode avec impatience. Alors parlons-en maintenant.

Star Wars Episode VII: Le Réveil de la Force
Star Wars Episode VII: Le Réveil de la Force

Le réveil d'une saga mythique

Pour commencer cette critique, je peux dire que « Le Réveil de la Force » est un film qui se rapproche beaucoup plus de la trilogie initiale que de la prélogie. Se situant trente ans après les évènements du « Retour du Jedi », « Le Réveil de la Force » partage de nombreuses similitudes avec « Un Nouvel Espoir » notamment. L'histoire, sans être une copie conforme des aventures de Luke Skywalker, s'inspire énormément de ce qui avait fait la gloire de l'épisode initiateur. Ainsi on retrouve dans « Le Réveil de la Force » la fameuse étoile noire, l'arme de destruction massive que Dark Vador et l'Empereur avaient fait construire. Plus grosse et aussi plus puissante (elle peut frapper plus de planètes en même temps), cette nouvelle étoile noire est l'un des gros enjeux du nouveau Star Wars comme l'avais été celle de l'épisode IV. On comprend que J.J Abrams a voulu combler les fans pour ce nouvel épisode, et quelque peu les faire renouer avec la saga. Mais en voulant faire beaucoup de références, le réalisateur de « Star Trek » franchit parfois la frontière du remake. C'est notamment le cas pour cette arme qu'il fait revenir sur le devant de la scène sans se poser de questions sur l'originalité de son récit.

Tout le film est monté sur ce principe de la référence au mythe et cette particularité devient à la fois un défaut et une qualité pour l'oeuvre. Abrams reprend des scènes, des morceaux intemporels de la saga pour les réinjecter dans son film sans forcément leur donner du sens. Par exemple le metteur en scène de « Super 8 » arrache la cantina de Lucas au passé pour la refabriquer mais sans la rendre importante dans son récit. Là où ses références aux origines sont intéressantes, c'est lorsqu'il montre les vestiges de la guerre avec les vaisseaux et quadripodes ensablés. Ces séquences permettent de mesurer le temps passé entre cet épisode et les précédents, et servent l'histoire de façon admirable en nous remémorant les grandes batailles entre l'empire et les rebelles. Tel Rey sa pilleuse d'épave, Abrams déterre le mythe Star Wars pour le remettre au goût du jour. Pour cet update de la première trilogie, Abrams a aussi misé sur l'humour. Un humour souvent appréciable, rafraîchissant et qui rapproche encore le ton du dernier opus avec celui des premiers.

La nouvelle génération prend le pouvoir

Outre son scénario trop plagié sur celui d'« Un Nouvel Espoir » et sa capacité à prendre du vieux pour refaire du vieux, « Le Réveil de la Force » apporte un lot de nouveautés considérables avec parmi elles quelques perles. À commencer par le fait d'avoir fait d'un Stormtrooper un personnage principal. L'idée est simple mais si brillamment mise en scène et assumée qu'elle devient LA plus grande trouvaille du film. John Boyega est donc cet ancien Stormtrooper en quête de liberté, de justice et qui possède un vrai nom et non plus un matricule comme ses autres compères masqués. Le dénommé Finn devient l'un des personnages les plus réussis de ce nouvel opus, une réussite en partie due à la superbe interprétation de son acteur John Boyega. Dans son Star Wars, J.J Abrams réhabilite les Stormtroopers en les humanisant. La dimension du Stormtrooper change complètement et apporte beaucoup de richesse au film.

Toujours du côté lumineux de la force (vous vous doutez que Finn va rejoindre ce côté), on retrouve de nouveaux personnages très réussis tels que Rey ou Poe. Poe devient une sorte d'Han Solo, un roi du pilotage, quand Rey est le Skywalker du film (et surement de la nouvelle trilogie) même si aucuns liens de famille n'ont encore été révélé pour l'instant. Ce nouveau héros, bien que manquant d'un peu de charisme, reprend le flambeau laissé par Luke. Rey est le futur jedi, celle qui commence à maîtriser la force, celle dont on ne connaît pas encore la véritable identité (comme pour Luke en son temps). Daisy Ridley rend une très bonne copie même si encore une fois il manque de la profondeur à son personnage notamment lorsqu'elle affronte le mal incarné par Kylo Ren.

Kylo Ren, c'est la figure très ambiguë de ce premier épisode. Ren est la renaissance de Dark Vador ou plutôt d'Anakin Skywalker, un être torturé et schizophrène, un adolescent colérique et indécis dans son choix du bien ou du mal. On attendait beaucoup de ce nouveau méchant au sabre laser si particulier, hors le personnage est en partie raté. Son identité est révélée beaucoup trop tôt dans l'histoire ce qui enlève tout suspense. Masqué, le personnage est emblématique et devient presque un nouveau Dark Vador. Seulement lorsque Kylo Ren se démasque et perd sa grosse voix, on découvre le visage d'un Adam Driver trop jeune pour le rôle. Toutefois la performance de l'acteur n'est pas à remettre en cause puisqu'il parvient à rendre son personnage très énigmatique notamment sur la fin du film.

Mais Kylo Ren n'est pas le seul personnage en demi-teinte. De nouveau du côté des méchants, Abrams introduit son nouvel empereur galactique, le leader suprême Snoke. Snoke qui est censé être le mal incarné de cette nouvelle trilogie, n'est qu'une sorte de banale image de synthèse sans le moindre intérêt. Alors qu'Abrams choisit d'utiliser le moins de CGI pour son film (à en voir sa nouvelle cantina par exemple), on ne comprend pas sa décision pour son leader suprême. Sorte de Gollum désincarné mais toujours interprété par Andy Serkis, Snoke est un gros ratage malgré son imposante présence.

Un régal pour la rétine

Avec ses nombreux nouveaux personnages, « Le Réveil de la Force » pose les fondements de cette future trilogie. Mais le film est un sequel, et Abrams y rassemble des personnages bien connu de l'univers Star Wars, des figures mythiques des trois premiers films que l'on est heureux de revoir. Parmi ces légendes on trouve notamment la paire Han Solo/Chewbacca qui gagne de l'importance dans ce nouvel opus. Toujours interprété par Harrison Ford, Solo prend une part entière dans l'histoire et le traitement du personnage est vraiment remarquable. De la même manière qu'il fait revivre le vieux contrebandier, Abrams réincarne aussi la princesse Leia qui a toutefois un rôle plus moindre dans son récit. Les trente années passées n'ont pas épargné le couple Han Solo/Princesse Leia, puisque de leur histoire découle celle du « Réveil de la Force ». Comme Harrison Ford, Carrie Fisher fait son retour dans la franchise dans son rôle de la désormais générale Leia. Dans cette même catégorie de protagonistes devenus emblématiques avec le temps on retrouve aussi R2-D2 et C-3PO. Encore une fois, c'est une joie de les revoir même si eux sont présents dans la prélogie de Lucas. Et enfin comme on parle de droïde, il me faut évoquer le petit nouveau BB-8 qui est une totale réussite. Très expressif, aussi drôle que R2-D2 en son temps, BB-8 nous fait retomber en enfance et son design malin est un triomphe. Abrams a fait le choix de ne pas utiliser de CGI pour son nouveau robot sphérique et c'est tout à son honneur.