La critique

Le réalisateur Alfonso Cuaron revient après 7 ans d'absence et son dernier film en date, « Les Fils de L'homme ».

Quatre longues années pour accoucher de ce film de Science-Fiction/Survival. Un travail extraordinaire de toute l'équipe du film qui donne au final un pur chef-d'oeuvre visuel. Il y a plusieurs points à aborder sur Gravity.

Gravity
Gravity

D'abord il faut commencer par le scénario, qui est le gros défaut du film. L'histoire est assez banale, très simple et pas du tout originale. On identifie clairement l'élément déclencheur qui est de toute évidence la pluie de débris. Cette pluie de débris dont on ne sait pas grand-chose au final à part qu'elle provient d'une station détruite pour une raison quelconque, entraîne tout le reste du film. Une suite surtout orientée sur la capacité ou non qu'a un être humain à survivre dans un espace qui ne lui est pas familier et où il ne peut ni se déplacer par sa volonté, ni respirer l'air ambiant. Dans cet endroit sublime, Ryan Stone s'éloigne peu à peu de la vie, peu à peu de la terre.

Grâce à une multitude d'élément, Ryan va poursuivre sa route dans cet espace à la fois oppressant pour le personnage mais aussi pour le spectateur. Un ressenti notamment due aux plans tournés par Alfonso Cuaron. Le réalisateur nous emmène dans l'espace, on est présent aux côtés de Ryan. On vit les événements qu'elle-même endure, on ressent son désarroi, son refus de vivre. Toutefois là où le scénariste en a fait trop, c'est que Ryan vit beaucoup trop de choses. Il lui arrive énormément de galère à tel point que son périple est irréaliste. Un moteur de capsule qui lâche, une explosion interne dans une station spatiale, la perte de proche, le manque d'oxygène... Tout cela fait beaucoup. Néanmoins l'histoire ne devient jamais ridicule et se suit naturellement.

Gravity procure une totale immersion dans l'espace. Cette impression « d 'y être » est décuplé par une formidable 3D qui rappelle dans sa précision celle d'Avatar de James Cameron. Gravity est un film qui a été penser pour la 3D. On le remarque grâce à des plans qui s'y prêtent bien. Des gouttes d'eau sur la caméra, des objets en apesanteurs, des débris... Le spectateur est dans l'espace et vit une formidable épopée. L'immersion bien qu'en partie due à la 3D, est avant tout possible grâce aux magnifiques plans d'Alfonso Cuaron. Des plans mémorables, avec parmi eux des plans-séquences comparables à ceux du dernier film du réalisateur, « Les Fils de L'homme ». Notamment le premier plan du film qui est somptueux au point de donner un sentiment de malaise au spectateur, comme si ce premier plan permettait au spectateur de s'adapter à l'environnement qui l'entoure. Un fameux plan d'environ 20 minutes, où le calme règne et où la caméra est comme en impesanteur dans l'espace si grand et paisible.

Les personnages mis en scène sont assez intéressants, mais un seul d'entre eux est réellement présent à l'écran, les autres disparaissant très vite. Sandra Bullock est Ryan Stone, la femme que l'on suit tout le long du film et qui est presque le seul personnage du film. L'interprétation de l'actrice est surprenante de maîtrise. L'actrice s'est donné les moyens de rentrer dans le personnage grâce notamment à un physique impressionnant. George Clooney est quant à lui aux secondes loge, il apparaît peut-être trop peu. L'acteur est très bon, très détendu et en quelques points l'opposé même du personnage de Sandra Bulock. Matt Kowalsky est un personnage courageux, qui a le sens du devoir et qui n'a pas peur d'affronter la mort. Le casting est donc très restreint car aucun autre acteur n'apparaît à l'écran sauf l'acteur interprétant le troisième astronaute. Mais on ne distingue jamais son visage.