La critique

Dernier film en date de Nicolas Winding-Refn après « Drive », un OVNI visuel et sonore. « Only God Forgives » est similaire en quelques points avec ce dernier.

Comme dans « Drive », le scénario est très simple et pas très original. L'histoire tourne autour d'une vengeance de famille envers l'assassin d'un membre d'entre eux.

Only God Forgives
Only God Forgives

Malgré tout ce scénario suffit à combler nos attentes. Jamais grotesque, toujours intéressante, l'histoire ne se veut pas passionnante mais intrigante. Est-on dans un rêve, dans un cauchemar, dans la réalité ? Le film paraît si délirant dans son aspect visuel, dans ses dialogues et dans sa bande-son que cette question se pose forcément. Le spectateur se retrouvera quelque peu perdu, quelque peu choqué et même outré par certaines scènes du film.

« Only God Forgives » adopte cette particularité d'être un film violent. Une violence inouïe, dépassant largement celle que l'on a pu voir dans « Drive ». Une scène de torture absolument ignoble mais à la fois très bien tournée et très bien mise en scène. Que ce soit des violences physiques, des violences morales, et on pourrait même parler de « violence des couleurs » à cause de ces saturations chromatiques qu'adopte « Only God Forgives ». D'autre part, Nicolas Winding-Refn donne un vrai sens à l'expression « laissons parler nos sens ». Car dans « Only God Forgives » ce sont bien eux qui sont mis à contribution, plus précisément deux d'entre eux. La vue avec une image imprenable, des plans magnifiques et des couleurs spéciales. L'ouïe avec une bande-son envoutante, sublime et prenante.

Pour son dernier film en date, Refn retrouve Ryan Gosling. L'acteur et ce n'est pas péjoratif, est clairement là pour la décoration. On pourrait compter sur les doigts des mains le nombre de réplique que dit Julyan, son personnage. Un personnage froid, difficile à cerner et par conséquent très distant du spectateur. Ryan Gosling est plutôt bon sans être au top comme dans « Drive ». Le chef de la police, Chang, est interprété par l'excellent Vithaya Pansringarm. Il nous livre avec Kristin Scott Thomas la meilleure prestation du film. A la fois juste et monstrueux, sanglant et doux, le personnage fascine. A tel point qu'il éclipserait presque Julyan et sa froideur. Le spectateur s'attache plus au personnage de Chang qu'au personnage de Julyan, preuve aussi que l'acteur y est pour quelque chose. La mère de Julyan, Crystal est interprétée par une divine Kristin Scott Thomas. L'actrice est métamorphosée. Son personnage est assez détestable. Tout comme l'est le personnage de Billy interprété par Tom Burke. Ce fils prodigue est la pire saloperie qui soit.

« Only God Forgives » est surtout fascinant par sa beauté visuel et sonore. Au niveau de l'image c'est clairement prodigieux. Des plans magnifiques, une mise en scène parfaite, des teintes étincelantes, etc.. Un rouge « Dragon » représentant la Thaïlande. Des éclairages au néon encore teintés de rouge mais pour de rares scènes, de bleu. Toutes ces couleurs font des scènes du film des instants de magie. Quelques scènes notamment resteront à jamais ancrées comme des scènes absolument foudroyantes. Je penserais avant tout à celle intervenant à 32 minutes de visionnage du film. Julyan est assis dans un mini-club où une femme se tient debout derrière un rideau de perles rouge, un micro à la main. Julyan fait alors le rêve d'aller voir la femme et de lui offrir sa main, main avec laquelle elle fera ce qu'elle désire. Une scène absolument magnifique, assez longue et accompagnée d'une musique divine, sans doute le meilleur morceau de cette riche bande-son. S'ensuit un déchaînement de violence de la part de Julyan, montrant bien son côté incontrôlable. Le contraste marqué entre cette violence et la scène précédente est une excellente trouvaille de la part du réalisateur. Seconde scène absolument fabuleuse, celle qui précède le combat aux poings entre Julyan et Chang. La caméra tourne lentement autour de Chang, l'éclairage au néon est idéal et la musique est splendide.