La critique

Après avoir réalisé une trilogie de Transformers sans se consacrer à autre chose, Michael Bay revient avec un film porté sur le rêve américain mais surtout sur la connerie de l'homme.

Cela faisait longtemps que l'on n'avait pas vu Michael Bay dans un autre registre que ces jouets préférés... Il faut avouer que l'on regarde « No Pain No Gain » avec un brin de réticence.

No Pain No Gain
No Pain No Gain

C'est du Michael Bay, il va y avoir des explosions, des effets spéciaux à outrance, un scénario qui tient pas trop la route, etc.. De plus l'affiche annonce clairement un film d'action à baston de mec à gros bras (Dwayne Johnson en particulier). Pour une fois et je suis heureux de le dire, Michael Bay nous a surpris. Car tous les médisances que je viens de dire ne s'appliquent pas au dernier film de Michael Bay.

Le scénario tourne en fait autour d'un fait réel qui m'était jusque-là totalement inconnu ( Merci Michael Bay, +1 pour ma culture). Dans les années 90 à Miami en Floride, Daniel Lugo responsable déjà condamné pour plusieurs arnaques, accompagné de complices, kidnappe, séquestre et torture un homme nommé Marc Schiller (Victor Kershaw dans le film) avant de le laisser pour mort. Les complices et amis se partagent le magot et Lugo vit désormais dans la maison de Schiller. Seulement Schiller n'est pas mort et raconte son histoire. Une histoire qui ne sera pas entendue par la police faute à l'ivresse de Schiller qui a été saoulé avant d'être laissé pour mort. Vous découvrirez la suite par vous-même, mais le scénario de « No Pain No Gain » se base entièrement là-dessus. A vrai dire ce scénario est d'ailleurs plutôt bien même si les personnages campés par la tribu d'acteurs musclés sont différents de ceux de la véritable histoire.

Ce qui est intéressant dans « No Pain No Gain », c'est le message que veut faire passer son réalisateur. Un message que l'on comprend dès le début du film, lorsque l'on nous dit ceci est une malheureusement une histoire vraie. Michael Bay nous dénonce ici ce qu'est finalement le rêve américain lorsqu'il est interprété par une bande de débiles qui à l'origine n'avait rien d'un gang de meurtriers mais qui au final font tout de travers et en paie les conséquences. Le film est vraiment porté sur la débilité de ses personnages qui se voient plus qu'ils ne le sont. Evidemment Michael Bay traite le sujet un peu différemment, notamment sur les personnages victimes dans la véritable histoire. Marc Schiller n'est pas du tout l'homme qu'il est dans le film même si quelques traits de celui-ci ont été conservés.

De plus Bay a inventé des personnages et en a aussi oublié par rapport à la véritable histoire. L'essentiel y est néanmoins. Je dois dire que ce scénario est surprenant et que l'histoire est bien narrée. Parmi tous les films de Michael Bay, « No Pain No Gain » possède certainement le meilleur scénario.

Du point de vue du casting, nous ne sommes pas en présence d'acteur sélectionné pour l'oscar du meilleur rôle, mais dans leurs rôles respectifs d'abrutis avares d'argent, ils font très bien l'affaire. En particulier Mark Wahlberg qui colle totalement au rôle de Lugo. La débilité incarnée dès les premiers instants du film.. Ensuite pour interpréter Adrian Doorbal, Bay a fait le choix d'Anthony Mackie. C'est un très bon choix puisque l'acteur est aussi très bien, tout comme Dwayne Johnson en Paul Doyle. Son personnage croyant à outrance mais faisant aussi preuve d'une grande débilité et d'un peu d'humanité contrairement aux deux précédents. Ensuite vient le martyr campé par Tony Shalhoub qui a aussi été convaincant. Très bon aussi Ed Harris dans son rôle d'enquêteur.