La critique

Deuxième épisode du reboot de la « Planète des Singes », cette fois-ci réalisé par Matt Reeves, « L'affrontement » nous propulse dix ans après que le virus de la grippe simienne ait été créé.

Ce second opus qui par son titre nous informe de la situation entre les deux espèces, d'un côté humain et de l'autre singe, est assez similaire à son prédécesseur, « Les Origines ». Une fois de plus on suit César, mais non plus dans sa quête de liberté, mais de paix.

La Planète des Singes: L'Affrontement
La Planète des Singes: L'Affrontement

Le singe a vieilli et est devenu père mais est toujours le chef de ce qu'il appelle sa famille. Cette famille s'est beaucoup agrandi et voit son habitat s'élargir dans la forêt proche du pont sur lequel les singes ont combattus dix ans plus tôt. Les rescapés humains sont quant à eux cloîtrés dans un bâtiment. Leurs ressources s'épuisent, ils risquent de perdre l'électricité. Pour la récupérer une seule solution, une vieille centrale électrique située près de la forêt des singes. C'est d'ici que part le conflit entre les singes doués d'une très grande intelligence et les êtres humains survivants.

Ce scénario est loin d'être révolutionnaire c'est sur, néanmoins la façon dont le récit est construit et le fait que l'accent soit clairement mis sur les personnages apportent au film une vraie dimension. Les personnages mis en valeur dans cet affrontement sont les singes une fois de plus. Bien que James Franco interprétait un personnage intéressant dans « Les Origines », il était éclipsé par les singes (César en particulier). Ici rebelote, les humains sont au second plan et cela se ressent énormément. D'une part le spectateur s'intéressera beaucoup plus à la famille de César (ses fils, sa femelle, ses fidèles) qu'aux histoires personnelles des humains. Le problème est que le spectateur avait déjà pris parti pour les singes dans « La Planète des Singes : Les Origines » et que cela ne peut que se renouveler. Les humains ont du mal à nous intéresser, leur motivation et leurs enjeux ne nous captivent pas. Les vrais personnages principaux ce sont les singes et les relations qui les unissent.

De telles relations, il y en a plusieurs qui pourraient être citées. Mais celle qui restera forcément c'est celle qui lie César et son lieutenant Koba. Les deux personnages les plus charismatiques du film avec chacun des buts différents, motivés par un passé qu'ils ne partagent pas. Alors que César est un singe réfléchi qui veut la paix avec l'humanité, Koba déclenche la guerre pour se venger de ceux qui l'ont torturé et enfermé pendant des années. Doués d'une très grande intelligence l'un comme l'autre, les deux chimpanzés vont chacun abandonner un idéal pour revenir à une réalité. Koba va abandonner sa famille pour assouvir sa vengeance alors que César qui voyait les singes meilleurs que les humains, se rend finalement compte que les deux espèces sont similaires. Cette relation intense qui unit les deux personnages est notamment permis grâce à des acteurs de génie. Andy Serkis est une fois de plus impérial. Son César est d'un réalisme fou, et en tout point attachant. En Koba Toby Kebbell est lui aussi au top niveau donnant un personnage totalement imprévisible et offrant au film ses deux meilleures scènes (le panoramique sur le tank avec Koba ; lorsque ce dernier fait le clown devant deux mercenaires humains).

Le reste du casting est globalement lui aussi très bon. Les acteurs interprètes d'humains tels que Jason Clarke, Keri Russel ou encore Gary Oldman ont quand même eu du mal à donner de la profondeur à leur personnage. Chacun d'eux a perdu des proches durant la grande épidémie ça on nous le dit, mais cela ne peut pas résumer leur vie. On apprend rien sur eux mise à part que certains vont faire des actes héroïques pour éviter l'affrontement. Tout cela ne favorise évidemment pas l'attachement aux personnages humains.