La critique

L'agent 007 fait son come-back dans ce 23e épisode signé Sam Mendes qui reprend le flambeau laissé par Marc Forster avec son « Quantum of Solace ». Un épisode qui était assez médiocre dans l'ensemble, voyons si le tandem Mendes/Craig a réussi à faire revenir la flamme qui animait déjà « Casino Royale » 21ème James Bond de la saga.

« Skyfall », comme le titre de la chanson d'Adèle composé pour l'occasion, s'insère directement dans la continuité des épisodes précédents. Toujours hanté par la mort de Vesper Lynd, 007 devient un homme des plus tourmentés dans ce dernier opus qui va au plus profond de son personnage.

Skyfall
Skyfall

La psychologie en ligne de mire

Un personnage que l'on ne voit jamais sous ce jour dans les épisodes de la saga. Bond, l'agent secret qui a la classe, psychologiquement et physiquement invincible. « Skyfall » rompt avec tout ça pour nous présenter un héros fragile, fatigué, manipulé par Silva, mais aussi par le MI6. Bond est au bout du rouleau au point de n'être plus apte à faire son métier d'agent. Serait-ce la fin du mythe ? Alors que Bond est en posture délicate, le MI6 a besoin de lui pour assurer la pérennité du département. L'agent reprend tant bien que mal du service pour stopper le mystérieux Silva qui veut la mort de M et des agents du MI6.

Cette histoire assez classique, s'inscrit directement dans la lignée des autres de la saga James Bond. Un terroriste sème la terreur et les services secrets veulent sa mort. On y retrouve les fameuses scènes d'action propre à la série, avec notamment une superbe course-poursuite en Turquie en introduction. Mais « Skyfall » ne se limite pas à l'action comme pouvait le faire certains épisodes de la célèbre saga, il va beaucoup plus loin.

Outre le fait qu'il traite avec justesse son personnage principal, c'est dans sa mise en scène remarquable et son approfondissement des personnages que « Skyfall » parvient à devenir un grand film du genre action/thriller. Même si on laisse de côté le personnage de Bond très bien mis en scène et bien campé d'ailleurs, on a quand même une panoplie de protagonistes qui apportent des enjeux très intéressants. « Skyfall » peut se vanter d'avoir un méchant digne de ce nom. Tel Requin dans « L'espion qui m'aimait » et « Moonraker », ou le Chiffre dans « Casino Royale », Raoul Silva fait partie intégrante de ces méchants légendaires de la saga. Psychopathe, schizophrène, le personnage interprété par le divin Javier Bardem est simplement imprévisible. Comme le Joker dans « The Dark Knight » de Nolan, Silva éclipserait presque l'agent secret britannique. Cela n'enlève en rien la qualité de la prestation de Craig en James Bond. Il est d'ailleurs pour moi le meilleur James Bond de la saga. Le plus réaliste, le plus perverti, le plus tourmenté et aussi le plus attachant. Mais il faut dire que Bardem met la barre très haut et que le duo fait merveille, chacun dans la peau de personnages pas si différents.

Un sens aïgu de la mise en scène

Comme je le disais plus haut, les personnages secondaires ont beaucoup d'importance dans le dernier-né des Bond, et cela ne se résume pas à Bardem et son dérangé Silva. Autres rôles très importants, ceux de M interprétée par Judi Dench et Gareth Mallory campé par Ralph Fiennes. Les dirigeants du MI6 y jouent un rôle primordial et épaulent 007 dans sa mission. On peut aussi dire deux mots du geek Q interprété par Ben Wishaw qui apporte un peu de jeunesse. Des nouveaux gadgets dans l'air du temps qui montre une fois de plus à quel point Mendes voulait faire dans le réaliste. Seul couac de ce joli groupe, Bérénice Marlohe dans le rôle de la James Bond girl(tradition oblige). La française ne démérite absolument pas, seulement son personnage est très tiré par les cheveux et n'est que peu présent à l'écran. Ce qui ne laisse pas le temps à notre frenchie de s'exprimer. Dommage.