La critique

Après son film qualifié de roman graphique « 300 », Zack Znyder nous présente un film de super-héros basé sur le comic d'Alan Moore, Dave Gibbons et John Higgins.

Dans ce film, tout commence par la mort du comédien sauvagement assassiné par un inconnu que Znyder voudra garder secret très longtemps, et déjà on sent que l'on va assister à quelque chose de radicalement beau visuellement.

Watchmen: les Gardiens
Watchmen: les Gardiens

Cette première scène qui tourne au combat main nu est très bien faite, on y retrouve les ralentis qu'affectionne particulièrement Znyder (cf « 300 ») et une musique qui met dans l'ambiance (Unforgettable d'Irving Gordon). S'ensuit un générique de toute beauté qui va j'espère mettre tout le monde d'accord. Sur fond de Bob Dylan, Znyder nous compte l'histoire des précédents Watchmen et des Etats-Unis, revisitée par Alan Moore en quelque cinq minutes impressionnantes.

Car oui c'est dans une Amérique particulière que prend place cette histoire. Le président Nixon a été réélu une troisième fois et la troisième guerre mondiale est plus qu’imminente puisque le conflit entre les Etats-Unis et l'URSS s’intensifie. Ce qui est génial dans ce récit au-delà du fait que certains éléments de l'histoire américaine aient été repris puis modifiés, c'est que ce sont les personnages en question qui ont participé à ce (glorieux) futur américain. Par exemple le président Nixon a demandé au docteur Manhattan d'intervenir au Vietnam, et le conflit a été réglé dans les sept jours suivants grâce à l'intervention de ce dernier. Il y a dans ce film énormément de connotations politiques et avec derrière une certaine critique de l’Amérique ou de ce qu'elle aurait voulu être. Et c'est notamment grâce à ses héros totalement concernés par ce rêve Américain que le film est très intéressant dans son contenu. Un rêve Américain déchu notamment représenté par ce magnifique symbole du smiley jaune ensanglanté.

Znyder nous présente en effet des super-héros qui sont avant tout humains mais surtout des hommes et femmes qui sont persécutés, victimes et responsables de ce rêve américain qui a été bâtit. Nos héros ont perdu leur repère pour suivre l'Amérique dans son sombre présent. Ils sont devenu des mercenaires d'une pseudo dictature instauré par le président Nixon qui voulait gagner la guerre du Vietnam et qui réprimande toute manifestation. Où est passé le rêve américain ? Mais il est là juste devant toi. La noirceur du film dans son ensemble marque bien le fait que cette Amérique est passé à côté de ses vraies valeurs.

Chacun des personnages du film sont donc des êtres torturés qui essaient de s'en remettre à leur glorieux passé, lorsqu'il combattait pour l'ordre et la sécurité. Obligé de se retirer à cause de débordement mais surtout clairement remercier par leur pays pour leur acte mais prier de se ranger, nos héros ont dû entreprendre une nouvelle vie pour se reconstruire. C'est pourquoi Rorschach, l'homme au masque spécial (cf le test de Rorschach), est devenu un justicier enquêtant secrètement sur des affaires criminelles. Interprété par l'excellent Jackie Earle Haley, Rorschach est surement le personnage le plus fascinant du film. Sa tenue, son style, sa démence, son honnêteté mais aussi sa violence vous tiendront bien que vous ne vous identifiez pas vraiment au personnage. Celui à qui on peu le plus s'identifié, c'est Dan alias Le Hibou. Dan, lui, après son glorieux passé, a rangé le costume du Hibou pour vivre une vie tranquille mais déprimante. Son quotidien va être bouleversé par Rorschach mais surtout par Spectre Soyeux qui va lui donner l'envie de renfiler son costume. Patrick Wilson est absolument parfait dans un rôle qui est très intéressant puisque Dan a une personnalité totalement opposée à celle de Rorschach ou de Manhattan. C'est Spectre Soyeux, le personnage féminin, qui va se rapprocher du Hibou. Femme fatale campé par la magnifique Malin Akerman, Laurie de son vrai nom est en quête de considération et d'amour. Un désir que Jon, le Dr Manhattan n'arrive pas à satisfaire. Omniscient, réfléchi et juste, Jon déteste l'humanité pour son désir de pouvoir et est plus occupé par la science au profit de Veidt, que par sa compagne. Adrian Veidt quant à lui n'est plus l'Ozimandias des temps anciens mais un chef-d'entreprise qui voudrait résoudre la crise énergétique et éviter la guerre à tout prix...