Faye Dunaway

Faye Dunaway

Biographie

Naissance, enfance et débuts au théâtre

Dorothy Faye Dunaway naît le à Bascom (situé en Floride, aux États-Unis) d'une mère au foyer, Grace Smith (née en , morte en 1958), et d'un père officier de l'armée, John MacDowell Dunaway, Jr (né le , décédé le ).

« Ma mère, Grace, une beauté rousse, tomba amoureuse de mon père lors d'une fête de la cacahuète. Elle avait 15 ans, il en avait 17. Ce fut le début d'une cour assidue. Le dimanche, ils se rendaient à la messe en buggy et le mercredi, ils se retrouvaient pour les prières du soir. »

Elle passe son enfance en voyageant à travers les États-Unis et l'Europe. Les disputes fréquentes entre ses parents aboutissent à leur séparation et Faye Dunaway, alors à peine âgée de dix ans, se sent responsable de la situation. Elle n'a alors qu'un objectif, celui d'être la meilleure quoi qu'il arrive. Elle suit des cours de danse, de claquettes, de piano et de chant, puis étudie aux université de Boston, de l’État de Floride et de Floride d'où elle ressort avec un diplôme. En 1962, à l'âge de 21 ans, elle suit des cours de théâtre à l'American National Theater and Academy. Repérée par Lloyd Richards dans l'adaptation des Sorcières de Salem, elle est recommandée à Elia Kazan, en quête de jeunes talents pour le Lincoln Center Repertory Company qui vient d'être créé. Sa vie privée est alors instable : elle est dépressive. Pour se débarrasser de ce conflit latent, elle consulte différents psychanalystes. Kazan le ressent bien : « Il y a quelque chose chez Faye qui rappelle Jeanne Moreau. Elle est toujours en train de se précipiter quelque part et il semble émaner d'elle une impression de drame permanent. » Elle multiplie les compositions à succès et est encensée par la critique pour ses prestations dans Après la chute d'Arthur Miller et Hogan's Goat.

Mais Dunaway souhaite également percer au cinéma et devenir une star. Comme le remarque sa partenaire de Bonnie and Clyde, Estelle Parsons, « Je n'ai jamais rencontré quelqu'un avec une énergie aussi démoniaque pour devenir vedette de cinéma. » Pour ce faire, Dunaway refuse, en 1965, un rôle récurrent dans le feuilleton télévisé Haine et Passion. Elle souhaite jouer aux côtés de Marlon Brando et Robert Redford dans La Poursuite impitoyable (1966), mais les producteurs ne la trouvent pas assez jolie et lui préfèrent Jane Fonda.

Débuts au cinéma

Otto Preminger l'engage pour Que vienne la nuit en 1966 et lui fait signer un contrat d'une durée de cinq ans. Le film, avec Michael Caine et Jane Fonda, est un calvaire pour elle. Le réalisateur ne comprend pas, selon elle, « le processus de jeu d'un acteur ». À la sortie du film, elle met un terme à leurs relations conflictuelles et rachète son contrat : « Ça m'a coûté beaucoup d'argent pour ne pas retravailler avec Otto... Je regrette de l'avoir payé [mais] il était affreux. »

Alors qu'elle songe à remettre en cause sa carrière cinématographique, Kazan la recommande au réalisateur Arthur Penn. Ce dernier cherche désespérément, avec Warren Beatty (qui interprète Clyde Barrow), celle qui sera parfaite pour incarner la criminelle Bonnie Parker dans Bonnie and Clyde. Le rôle a déjà été refusé par Jane Fonda, Tuesday Weld, Ann-Margret, Leslie Caron, Carol Lynley, Sue Lyon et Natalie Wood. Dunaway l'accepte. Le tournage se déroule sur les lieux mêmes où le couple de hors-la-loi a commis ses crimes.


« Warren Beatty (interprète de Clyde Barrow et également producteur) s'est battu comme un lion. Il a rêvé et produit un film dont personne ne voulait. »

— Faye Dunaway

Lors de sa sortie, le film est critiqué pour avoir idéalisé l'image des deux tueurs, mais également pour sa violence et son humour noir. Il est cependant un énorme succès commercial et fait de la jeune actrice une star. Elle est pour la première fois nommée à l'Oscar de la meilleure actrice et obtient un BAFTA. Newsweek la décrit comme « la révélation de l'année. Première star depuis Monroe respirant à la fois la sophistication, l'élégance, la grâce et l'expérience. » L'actrice Joan Crawford déclare à son propos : « De toutes les actrices modernes, elle seule a le talent et le courage d'être une vraie star. » Le rôle de Bonnie est celui que Dunaway a préféré jouer dans sa carrière. En France, le film est également un succès avec près de 1,9 million d'entrées. Il influence considérablement les jeunes de l'époque, les jeunes filles adoptent le style de Dunaway dans le film, béret, jupe longue et cheveux blonds lisses etc.)

Sa carrière est lancée. Dès lors, elle travaille avec les plus grands acteurs hollywoodiens sous la direction de réalisateurs de renom.

Néanmoins, alors que Bonnie and Clyde n'est pas encore sorti (13 août 1967), elle accepte la proposition du réalisateur John Frankenheimer de jouer aux côtés de David Niven dans son prochain film. Elle commence le tournage de The Extraordinary Seaman en avril 1967. Le film est une comédie se déroulant pendant la Seconde Guerre mondiale. Le résultat final est un « désastre » selon Dunaway elle-même et le studio producteur, et le film ne sortira que deux ans plus tard.

Brigitte Bardot vient de refuser L'Affaire Thomas Crown et Eva Marie Saint est pressentie pour la remplacer dans le rôle de l'inspecteur chargé d'enquêter pour les assurances sur le riche homme d'affaires Thomas Crown. Lorsque Dunaway se présente à l'audition, Steve McQueen et le réalisateur Norman Jewison sont réticents. C'est lorsque sort Bonnie and Clyde qu'elle est finalement engagée. Le film est un succès, resté célèbre entre autres pour la séquence du baiser de plus d'une minute entre elle et McQueen, et achève de fixer « l'image aseptisée d'un amour glacé » qu'elle représente.

Elle joue ensuite en Europe, dans Le Temps des amants, considéré par la critique à sa sortie est comme un film « horrible », et même par le Los Angeles Times, comme « le plus médiocre depuis 1926. » Néanmoins, c'est sur ce tournage qu'elle rencontre Marcello Mastroianni avec qui elle entretient une liaison durant deux ans. Très éprise de l'acteur italien, elle souhaite mener une vie de famille loin des plateaux de cinéma. Ainsi elle refuse, au grand dam de ses agents, la plupart des rôles qui lui sont proposés. Mais Mastroianni refuse de lui donner un enfant et ils se séparent après une violente querelle dans un hôtel italien. Elle reconnait alors avoir trop donné pour l'amour et décide de se recentrer sur sa carrière.

Pressentie pour La Maison sous les arbres, elle accepte, flattée, le rôle offert par René Clément dans ce qui sera son plus « mauvais film » malgré une présentation au festival de Cannes.

Lors du tournage de Bonnie and Clyde, la production du film fait appel au photographe Jerry Schatzberg pour faire des portraits de Dunaway. Schatzberg souhaite réaliser son premier film, Portrait d'une enfant déchue inspiré de la vie du mannequin Ann Saint Marie. C'est avec le soutien de la jeune comédienne qu'il parvient à trouver le financement nécessaire auprès de Paul Newman, de sa femme Joanne Woodward et du studio Universal Pictures. Mais le studio qui ne trouve pas à cette histoire d'une ancienne égérie de mode abîmée par la dépression et les excès, un quelconque potentiel commercial, ne sort le film que dans une seule salle de Manhattan. Le film est toutefois remarqué par les cinéphiles français qui lui assurent une distribution. Ce premier long métrage revient en grâce à sa ressortie en 2011 et les critiques sont unanimes sur sa qualité (« Un des chefs-d’œuvre les plus singuliers et les plus purs de l'histoire du cinéma américain. » selon Le Nouvel Observateur) et la performance de Dunaway (« L'un de ses plus beaux rôles. » selon L'Express). Pour sa prestation, Dunaway obtient une nouvelle proposition au Golden Globe.

Malgré certains films notables comme L'Arrangement (1969) avec Kirk Douglas, elle voit se dérober devant elle les occasions comme lorsqu'elle refuse le rôle principal de Rosemary's Baby. Elle joue un second rôle dans Little Big Man, interprète Wallis Simpson dans le téléfilm The Woman I Love (1972) avec Richard Chamberlain avant de donner la réplique à George C. Scott sous la direction de Stanley Kramer dans L'Or noir de l'Oklahoma puis incarne le personnage diabolique de Milady de Winter dans Les Trois Mousquetaires et sa suite On l'appelait Milady.

Consécration

Roman Polanski, sensible « à sa beauté étrange, un peu démodée » l'impose aux financiers de Chinatown qui préfèrent Jane Fonda à une actrice réputée querelleuse et dépressive. Le réalisateur ne tarde pas à regretter sa décision. Sur le plateau, la star et son metteur en scène se conduisent en chiffonniers. Elle rechigne à se faire une teinture, il répugne à lui donner les motivations de son personnage, femme riche perverse et nymphomane. Elle l'accuse de lui avoir arraché les cheveux, il la traite de « dingue et d'emmerdeuse. » Leurs démêlés font la une des journaux à scandales. Le film est néanmoins un très grand succès critique et commercial. Robert Evans, le producteur, déclare même : « Faye Dunaway a tout, le talent, la beauté et l'esprit. Elle sera là très longtemps encore pour le prouver et nous en convaincre définitivement. » Elle est de nouveau proposée pour un Oscar, un Golden Globe et un BAFTA de la meilleure actrice.

La même année, Dunaway épouse le musicien Peter Wolf, accepte ensuite le rôle de la petite amie de Paul Newman dans le film catastrophe La Tour infernale (1974) et, à la même époque, déclare ne plus aimer jouer pour le cinéma, estimant son jeu ébranlé par des films qui la détruisent en tant qu'actrice. Elle accepte néanmoins d'être la partenaire de Robert Redford dans Les Trois Jours du condor (1975). Dans ce thriller d'espionnage réalisé par Sydney Pollack, elle joue une femme kidnappée par Redford et admet avoir eu des difficultés à feindre avoir peur tellement elle était attirée par l'acteur. Le film est un succès et bien reçu par la critique.

C'est deux ans plus tard qu'arrive la consécration lorsqu'elle remporte l'Oscar et le Golden Globe de la meilleure actrice pour son rôle de productrice de télévision dans Network, main basse sur la télévision de Sidney Lumet.

« Jamais je n'oublierai cette sensation lorsque j'ai entendu mon nom. L'Oscar représentait le rêve de toute une vie. J'avais réussi mon métier d'actrice, j'avais eu raison d'y croire. »

Pendant près d'une année, elle refuse tous les scénarios qui lui sont proposés, dont certains qu'elle regrette tels Complot de famille d'Alfred Hitchcock ou Julia de Fred Zinnemann, et d'autres comme Touche pas à mon gazon pour lesquels elle n'éprouve aucun regret. Elle parvient à trouver un scénario qui retient son attention et accepte l'un des rôles principaux de Le Voyage des damnés (1976) de Stuart Rosenberg. Le film se déroule en 1939 et raconte l'histoire de 937 réfugiés juifs allemands qui fuient l'Allemagne nazie en embarquant sur le paquebot SS Saint Louis et qui se voient refuser l'asile à Cuba et aux États-Unis.

Dunaway accepte ensuite d'interpréter pour la télévision le rôle titre de The Disappearance of Aimee. Elle se réjouit à l'idée de travailler avec Bette Davis, mais les deux comédiennes ne s'entendent pas sur le tournage. Davis demande à ce que son rôle ait plus d'importance. Le scénario réécrit selon ses indications, le personnage qu'interprète Dunaway a pratiquement disparu. Cette dernière accepte que Davis aient des rôles équivalents, mais refuse que le sien soit à ce point amputé. Furieuse, Davis est mécontente de jouer aux côtés de Dunaway et dès que le réalisateur finit une scène, elle quitte le plateau. Par ailleurs, elle décrit sa partenaire dans plusieurs interviews comme « non professionnelle » et « très difficile à travailler avec. »

Après deux ans d'absence, Dunaway joue une photographe qui subit d'étranges visions dans lesquelles un tueur sadique assassine ses proches dans Les Yeux de Laura Mars (1978) de Irvin Kershner. Le film est un succès tant critique que commercial. Dunaway interprète ensuite le rôle d'une mère indigne qui, après avoir abandonné son fils, souhaite le récupérer dans Le Champion (1979) avec Jon Voight. Ce remake du film éponyme de King Vidor est considéré comme le plus triste de l'histoire. En effet, de nombreux laboratoires de psychologie dans le monde l'utilisent lorsqu'ils veulent rendre triste un sujet d'expérience. Toujours en 1979, après cinq ans de vie commune, Dunaway et Wolf décident de se séparer et divorcent.

Les années 1980

Pour avoir l'opportunité de travailler avec Frank Sinatra, elle accepte un rôle court dans De plein fouet (1980) et tient le rôle titre d'un téléfilm sur Eva Perón en 1981 avec James Farentino.

Le réalisateur Frank Perry, qui l'a déjà dirigé dans Doc Holliday (1971), propose à Dunaway d'incarner Joan Crawford dans l'adaptation du livre écrit par sa fille et qui suit leurs rapports conflictuels, Maman très chère. Dunaway, qui admire Crawford, accepte sans même lire le livre. Pour l'interpréter, elle fait beaucoup de recherches sur la légende du cinéma et rencontre plusieurs de ses amis et proches dont George Cukor (qui avait prévu de réaliser un biopic sur Victoria Woodhull avec Dunaway). Dunaway s'immerge intensément dans son rôle, au point de ressentir la présence de Crawford à ses côtés pendant le tournage. À sa sortie, le film est un échec critique mais un succès commercial. Roger Ebert le commente par « Je ne peux imaginer qui voudrait être le sujet de ce film ». Dunaway déclare regretter que l'action se concentre seulement sur les moments de démence de Crawford. Ce rôle est pour elle le plus difficile, mais aussi ce qu'elle considère comme sa plus grande erreur. « Tout le monde a trouvé ça merveilleux. Mais ce qui me gênait, c'est d'être identifiée à elle et qu'elle devienne un peu moi. Ce qui a été le cas dans une certaine mesure. » Elle considère que le film a « brisé » sa carrière et refuse encore aujourd'hui qu'il en soit fait mention dans ses interviews. Son rôle est néanmoins classé 41 par l'American Film Institute sur les 50 plus grands méchants du cinéma américain.

Dunaway reprend ensuite le rôle de Grace Kelly dans une adaptation pour la télévision de Une fille de la province (1982). Elle reçoit ensuite le scénario de La Dépravée (1983) et, bien qu'elle n'en soit pas entièrement satisfaite, accepte en pensant pouvoir le rendre meilleur. Le tournage est pour elle merveilleux, mais lors de la sortie, le film n'est pas un succès. La même année, elle épouse le photographe de mode britannique Terry O'Neill, avec qui elle entretient une liaison depuis 1979. Elle est ensuite contactée pour jouer une sorcière dans Supergirl (1984). « Le film était une parodie et j'ai eu beaucoup de plaisir à jouer Selena (son personnage) » écrit-elle dans son autobiographie. Le film est un échec cuisant.

Dunaway se retire alors à Londres - « Une façon d'affirmer ma liberté dans un métier où l'on aime vous avoir sous contrôle » - et découvre la maternité. Elle continue à tourner, mais cette fois-ci pour la télévision dont deux mini-séries, Christopher Columbus (1985) face à Gabriel Byrne, et Ellis Island (1984), avec Richard Burton, pour lequel elle remporte un Golden Globe. Elle joue dans un remake de Casanova où elle retrouve Richard Chamberlain (1987), ainsi que dans deux adaptations de romans d'Agatha Christie, Le Couteau sur la nuque (1985) et Témoin indésirable (id.). C'est à cette période que tourner des films lui manque et que les scénarios pour la télévision qu'elle reçoit ne l'intéressent plus.

En 1987, après son divorce d'avec O'Neill, Dunaway retourne aux États-Unis dans l'espoir de se reconstruire une carrière en apparaissant dans plusieurs drames indépendants signés Carlo Vanzina, Andrew Birkin, Lina Wertmüller et Volker Schlöndorff. Elle renoue ainsi avec le succès avec Barfly mis en scène par Barbet Schroeder, l'un de ses films préférés, où elle joue le rôle d'une alcoolique qui s'éprend du personnage de Mickey Rourke, un poète également alcoolique. Ce dernier dit de l'interprétation de Dunaway « Elle a l'air d'une déesse en détresse. » En 1989, dans le téléfilm Cold Sassy Tree, elle a pour partenaire le vétéran Richard Widmark.

Les années 1990

Elle décide alors de tourner avec de jeunes cinéastes - « Nous avons beaucoup à apprendre d'eux. C'est bon d'être secoués ! » - et privilégie, d'Arizona Dream à Don Juan DeMarco, deux films avec Johnny Depp qu'elle définit comme « magique », les projets originaux.

Elle devient l'héroïne d'une sitcom, It Had to Be You, avec Robert Urich en 1993. Mais la série est annulée après quatre épisodes. Elle prend alors contact avec l'acteur Peter Falk pour avoir la possibilité de travailler avec lui. Falk a justement écrit un épisode pour sa série Columbo qu'il conserve jusqu'à ce qu'il ait trouvé la meilleure comédienne pour l'interpréter. Il soumet le scénario de l'épisode Meurtre aux deux visages à Dunaway qui accepte, frappée par « l'affection entre Columbo et Lauren (son personnage), et le fait qu'elle soit vulnérable et romantique. » Pour sa performance, Dunaway est nommée pour le Golden Globe de la meilleure actrice dans une minisérie ou un téléfilm et reçoit l'Emmy Award de la meilleure actrice invitée dans une série dramatique. « Je ne pouvais pas y croire quand j'ai entendu mon nom. Vous espérez toujours gagner, mais même si je pensais avoir bien joué, je ne pensais pas gagner. Les autres avaient accompli de très bonnes performances. Quand je suis allée à la tribune, tout le monde applaudissait. Les gens étaient debout, ils me serraient, ils m'applaudissaient. »

En 1994, Andrew Lloyd Webber lui propose de remplacer Glenn Close pour la comédie musicale Sunset Boulevard, mais elle est finalement écartée du projet, Webber estimant que sa voix chantante n'était pas à la hauteur du personnage. Dunaway lui réclame alors six millions de dollars en justice, mais perd son procès.

En 1996 sortent ses mémoires qu'elle intitule À La Recherche de Gatsby, le titre fait référence au film Gatsby le magnifique où elle avait essayé d'avoir le rôle de Mia Farrow. La même année, elle joue dans le premier film comme réalisateur de Kevin Spacey, Albino Alligator. Elle remporte un quatrième Golden Globe pour sa performance dans Femme de rêve (1998) où elle donne la réplique à Angelina Jolie. L'année suivante, elle accepte d'incarner Yolande d'Aragon pour le Jeanne d'Arc de Luc Besson et apparaît dans le remake de L'Affaire Thomas Crown, Thomas Crown (1999), où Pierce Brosnan reprend le rôle de McQueen et Rene Russo celui de Dunaway. Elle joue ensuite dans The Yards (2000) de James Gray où elle côtoie pour l'occasion Mark Wahlberg, Joaquin Phoenix ou encore Charlize Theron, et refuse de jouer dans Requiem for a Dream.

Des années 2000 à aujourd'hui

Après avoir passé trente-trois ans devant la caméra, elle passe derrière et produit, écrit et réalise un court-métrage qui se situe dans les années 1930, intitulé The Yellow Bird qu'elle tourne en numérique dont l'intérêt est selon elle « l'accessibilité ». Elle interprète par la suite une mère accro au Xanax qui ignore tout de l'homosexualité de son fils dans Les Lois de l'attraction (2002). Tout au long de la décennie des années 2000, elle apparaît dans plusieurs films indépendants et, au grand étonnement des critiques, aux génériques de séries télévisées telles que Alias, Les Experts ou encore Grey's Anatomy.

En 2005 elle participe en tant que jurée à l'émission de télé réalité The Starlet sur The WB. Les candidates vivent dans l'ancienne maison de Marilyn Monroe, et l'actrice Vivica A. Fox fait partie elle aussi du jury. L'émission n'est pas reconduite pour une deuxième saison.

Dunaway déplore le sexisme d'Hollywood et le fait qu'elle ne se voit pas proposer de grands rôles dans des films importants comme c'est le cas pour les acteurs. « Je suis furieuse qu'ils pensent que je suis trop âgée pour jouer une femme dont serait amoureuse Jack Nicholson ou Clint Eastwood. Pourquoi devrais-je jouer des sœurs et des mères, tandis qu'eux, qui sont plus âgés que moi, ont à l'écran des maîtresses qui ont la moitié de leur âge? » Elle estime également que le cinéma n'est plus ce qu'il était.

« Je pense que Bonnie and Clyde et Chinatown seraient aujourd'hui des films indépendants, produits par Miramax. C'est Star Wars qui a marqué la fin d'une époque, d'un glamour qui existait depuis les années 30 et où j'avais, à mes débuts, un pied. J'étais une nouvelle Ava Gardner et les studios aiment encore construire des films dans la grande tradition romanesque de Casablanca. Puis est arrivé Lucas, ses effets spéciaux, son merchandising et les studios ont suivi parce que cela générait d'énormes bénéfices. Alors, bien sûr, lorsqu'il s'agit de choisir entre Miss Daisy et son chauffeur et Terminator, ils n'hésitent pas. »

— Faye Dunaway, Studio Ciné Live n°30.

En 2011, c'est une photographie de Dunaway qui est choisie pour l'affiche du Festival de Cannes. Le communiqué officiel dit de l'actrice qu'elle représente un « modèle de sophistication et de grâce intemporelle, incarne un rêve de cinéma que le Festival de Cannes souhaite entretenir ». Le cliché choisit est de Jerry Schatzberg et lors du festival, le film Portrait d'une enfant déchue ressort dans une version restaurée. Lors de la présentation du film, Dunaway, qui le considère comme son film le plus sous-estimé, déclare « J'espère qu'il s'agit d'une renaissance pour cette œuvre. » À l'occasion de sa présence à Cannes, Dunaway est faite officier de l'ordre des Arts et des Lettres.

En 1996, Dunaway a joué au théâtre le rôle de Maria Callas dans Les leçons de Maria Callas d'après Terrence McNally. Depuis plusieurs années, elle travaille son adaptation au cinéma et commence le tournage de Master Class en 2009. Entre les différents tournages de ce film, Dunaway se rend à plusieurs festivals de cinéma pour apprendre les différentes techniques et connaissances sur la fabrication d'un film. À Cannes, en 2011, elle annonce que le film sera prêt à la fin de l'année.


Faye Dunaway a joué dans...